Daniel Challe

Les étourneaux et la gravure sur bois

Chaque année, en hiver, je fais ma photo rituelle des étourneaux. Ces oiseaux qui volent en meute me fascinent. J’étais aujourd’hui dans le far west breton, dans la Baie d’Audierne près de Plovan. Le paysage a un goût de bout du monde. Des souvenirs me reviennent de Georges Perros et de sa mobylette. N’a t-il pas décrit dans ses « Papiers collés », ces fragments qui m’ont tant marqué à mon arrivée en Bretagne, le stade de football de Plovan ? Je le vois apparaître sur la plage mon ami Georges, le poète. Les étourneaux eux tournent, s’envolent, se posent dans les branches des arbres. Je marche doucement pour ne pas les effrayer. Je ne suis pas un photographe animalier avec mon 35 mm trop large. Mais qu’importe ce n’est pas ce type de photographie qui m’intéresse, c’est plutôt le dessin qu’ils font dans le ciel comme s’ils gravaient avec leurs ailes les nuages et l’atmosphère. Et pour moi qui aime tant la gravure sur bois, je trouve cette photographie encrée, pleine de noirs profonds.J’ai l’impression que le ciel est une grande feuille blanche et mon Leica une presse à gravure miniature. Des trous dans le ciel, des petites masses noires creusées, mes chers étourneaux.