Daniel Challe

80 ans après

Il pleut à Lorient ce samedi 10 mai, comme toujours diront ceux qui ne connaissent pas les quatre saisons en un jour du climat breton et s’enfuient dès que quelques gouttes perlent sur leur nez. La pluie ruisselle un peu sur mon objectif mais je me cache sous les parapluies avec les spectateurs de la commémoration des 80 ans de la libération de la poche de Lorient. Les officiels et le Bagad de Lann-Bihoué sont derrière les barrières. Nous regardons la cérémonie sur grand écran en vidéo. Je marche pas mal, je discute avec des badauds qui tâchent de s’abriter un peu près des murs du K1 ou du K2, ces bunkers où les allemands abritaient leurs sous-marins U-Boot. Qui vient à Lorient ne peut ignorer ces architectures de l’Allemagne nazie qui abritent aujourd’hui des entreprises navales ou Hydrophone, la salle des musiques actuelles. Je repère des femmes ukrainiennes, venues ici avec leurs drapeaux. Je leur demande de faire un portrait, elles acceptent gentiment, me sourient, « merci la France » me disent-elles. J’ai un petit témoignage dans ma boîte, une petite histoire. La guerre est encore loin de nous géographiquement, mais elle est là avec ces femmes, et tous ces gens venus ici témoigner et ne pas oublier. À Paris des néos-nazis ont manifesté et fait le salut hitlérien sous le regard de la police. Nous sommes en 2025, 80 ans après.

Commémoration des 80 ans de la libération de la poche de Lorient, 10 mai 2025